On le connaissait un peu, il était bien dans ses pompes, vraiment sympa et il allait avec enthousiasme vers la retraite. On l'a vu quelques minutes avant qu'il prenne sa moto. Et puis il a eu cet accident et il est mort sur le coup.
On sait que ça arrive tous les jours, à des centaines de personnes pas loin d'ici.
Si c'est un proche on est dévasté.
Lorsque c'est une connaissance, celui qui est brutalement fauché, qui était là tout à l'heure et ne sera plus jamais, ça assomme aussi.
On a tous à peu près les mêmes pensées, les mêmes phrases pour la famille, et la même impuissance, la même incrédulité, la même envie, par réaction, de "profiter encore mieux de la vie".
Car c'est là, partout, tout le temps, plus ou moins près, plus ou moins bientôt.
A force de le savoir, de se le voir brutalement rappeler parfois, cela ne devrait plus être anxiogène.
Je pense à l'attachement aux êtres, aux choses, qui est très positif et peut exister sans la peur de la perte.
La tristesse quand ça arrive, bien sûr. Mais quitter l'angoisse!
Je pense à toutes les fois où je ne suis pas mort, avec bonheur.
Choisir la conscience de l'éphémère plutôt que la peur de la mort.
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