6.2.14

La Première Gorgée de Shampooing et autres petits plaisirs façon Philippe Delerm

Jeudisixfévrierdeuxmillequatorze

Aller chez le coiffeur.  La coiffeuse en l'occurence. Se laisser enfiler la blouse qui se ferme dans le dos. Asseoir son siège dans le siège, profond. Laisser la tête se pencher en arrière dans le lavabo échancré. Laisser les vieilles idées s'écouler entre les cheveux sous l'eau parfaitement tiède. Tiède n'est pas une notion très valorisée d'ordinaire. Mais là, la tiédeur est parfaite. Surtout, ne pas se déconcentrer, profiter de chaque seconde du massage du cuir chevelu, sentir descendre le shampooing jusqu'aux orteils. Etre tenté de trouver ça trop court, et se rappeler que ça permet d'éviter la douleur du lavabo dans la nuque.
Dire ce que l'on souhaite. Se regarder dans la glace sans culpabilité narcissique, simplement parce qu'à ce moment là, il faut se regarder dans la glace. Voir les cheveux tomber comme les feuilles à l'automne, pour passer au printemps en évitant l'hiver. Les cheveux pleins de sève s'ébrouent et vigoureux, s'élancent à l'assaut du dehors, des regards. Un jour ou deux peut-être à sentir la fraîcheur de l'air qui frôle la tête, et ramasser quelques remarques benoîtes. Oh, t'as coupé tes ch'veux.
...

Emmener ses enfants boire un coup dans un bar. Ce n'était pas prévu, tant pis pour les devoirs. Des copines d'école qui passent par là? Allez c'est ma tournée, encore deux chocolats ! On peut aller au parc? D'accord mais pas longtemps... mais à les voir jouer, on laisse filer le temps. Juste avant de rentrer, un bisou à Maman. Et un bouquet de fleurs. La vie, c'est maintenant.
...

Faire quelques emplettes. Sans projet particulier, flânarder en ville. Un bouquin, un disque. Trois disques. Un magasin de fringues ? Une boulangerie. L'odeur du pain chaud et la saveur du croissant quand ce n'est pas l'heure du goûter. Un office notarial. Les registres épais en cuir épais, murs de papier reliés, reliant les homme à la mémoire des actes. Et puis acheter un appartement. Signer un chèque à 6 chiffres. Ranger son stylo. Et un bouquet de fleurs.






5.2.14

Bac Blanc de Philo : Inspiré mais confus. Structurez !

Mercredicinqfévrierdeuxmillequatorze

Sujet : "Miracle : réalité ?"

Un Miracle, c'est un paradoxe.
L'intrusion surprenante d'un élément inhabituel et positif.
La résolution d'une situation par un deus ex machina  (prononcer  deawoo sex machina) qui peut-être aussi extraordinaire et bruyant qu'humble et discret.
Une issue saisissante et inratable, tout comme une circonstance banale.
Une surprise, une continuité.
C'est par le truchement d'une idiosyncrasie inspirée que le miracle arrive, là où on ne l'attendait pas.
Un Miracle, c'est une catastrophe.
Une catastrophe heureuse, en cela qu'elle chamboule profondément et positivement l'affect, et modifie l'appréhension des faits de manière irréfutable, conduisant à l'acceptation ipso facto de la réalité dans ce qu'elle nous offre de meilleur.

Du paradoxe naît l'étonnement. L'étonnement appelle l'émerveillement.
L'émerveillement, carburant du miracle.


4.2.14

3.2.14

Relancer La Croissance

Lunditroisfévrierdeuxmillequatorze

Edition Spéciale - une fillette de 9 ans entend bien aider le pays à sortir de la crise - elle propose de commencer par relancer l'activité de la Poste - son analyse : le chômage des facteurs est dû à la supplantation du courrier papier par les e-mails - son engagement : créer une association de bénévoles pour redévelopper l'activité épistolaire à grande échelle - ci-joint sa profession de foi -



"Chère Lettre,  
L'Association Chère Lettre pose pour la première fois les pieds sur terre. Envoyez des lettres pour que les facteurs ne soient plus envoyés au chômage !"
Elise G. , Présidente. 


Lucie, Secrétaire Mathilde, Trésorière



2.2.14

Tout, Tout d'Suite

Dimanchedeuxfévrierdeuxmillequatorze



JE VEUX TOUT, TOUT DE SUITE

même si ça doit prendre du temps






1.2.14

La Bonne Résolution

Samedipremierfévrierdeuxmilletreize

OUF !
Le mois de janvier est passé, plus besoin de trouver une formule pour lévoeuxélabonnesantécéçaquiéimportantbiensûr. Enfin trop tard pour les fausses bonnes résolutions qui ne tiennent pas un mois. Aujourd'hui est donc un jour comme les autres, où il est plus que jamais temps de souhaiter le meilleur à-soi-même et même-aux-autres. Pour l'instant. Pour l'Instant !

Cette année j'ai failli prendre la Bonne Résolution de ne plus fumer, mais je ne fume pas. J'ai voulu prendre la Bonne Résolution de ne plus manger de papillottes, mais il fallait bien finir tous ces paquets entamés à noël. J'aurais pu aussi prendre la Bonne Résolution de publier un article par jour dans ce blog, mais mon naardin'ateur est tellement lent qu'il faut que je trouve 30 minutes par jour pour réussir à publier, et je préfère REELLEMENT vivre l'instant présent que passer une demi-heure devant des pages de chargementencours à essayer d'écrire sur l'instant présent.

Non. La Bonne Résolution, c'est autre chose. C'est une parabole informatique.
La Bonne Résolution c'est un nombre de pixels. Pas assez de pixels et la photo est moche. Trop de pixels et la photo est trop lourde, l'ordi rame et croule sous les bonnes intentions d'excès de zèle et finalement, elle du mal à s'afficher.
Choisir la Bonne Résolution, c'est connaître son matériel, adapter ses exigences et ne pas avoir peur de prendre du temps pour obtenir satisfaction.

Accepter que le rendu global soit beau mais pas parfait.

résolution mini pour les trucs urgents mais pas importants

RESOLUTION MAXI pour ce qui est très important mais pas urgent.





16.12.13

Prendre de la Hauteur

Lundiseizedécembredeuxmilletreize:

Je m'arrête dans cette montée là où la vue est la plus vaste.
Grenoble est là en bas comme un tapis de ville.
Une maquette à plat où l'on peut distinguer les immeubles, les quartiers, les axes, les véhicules encore mais pas les humains, un bruit sourd qui monte et parfois un plus clair : le klaxon d'un train ou une moto qui fuse, au loin. Le premier mouvement qui accroche le regard, c'est le cordon mouvant de l'autoroute : jamais interrompu, toujours occupé à animer la vue. Vu d'ici les "bouchons" semblent n'être qu'un passage plus étroit où le flux prend son temps, où les voitures profitent du soleil rasant qui passe entre les montagnes et à travers la brume fait éclater les vitres de reflets diamantesques.

L'autoroute saturée ainsi mise en lumière, habille la vallée d'un long collier de verre.

15.12.13

Le Pouvoir de l'Instant Présent

Dimanchequinzedécembredeuxmilletreize:

C'est merveille de voir à quel point les enfants savent vivre l'instant présent :
à peine contentés qu'ils sont prêts à râler de nouveau !!!

7.12.13

la plus banale aventure

Samediseptdécembredeuxmilletreize:

Elever ses enfants
Vouloir le meilleur pour eux se tromper croire qu'on sait ce qui est bon pour eux le nez dans le guidon courir après les petits moments attendre les grands s'inquiéter et sourire trouver ça dur mais les aimer ne plus les supporter et puis dormir recommencer chanter l'heure du réveil et pardonner se pardonner surtout rire encore les écouter et leur demander de se taire se contredire mais ELEVER SES ENFANTS les laisser courir devant nous car c'est là qu'ils sont devant nous et nous au ras du sol croire que l'on a un rôle jouer un rôle mais est-ce jouer ou est-ce être trop sérieux leur faire manger des légumes avoir confiance et tant pis pour la ponctuation les enfants se foutent de la ponctuation ils s'ELEVENT pour peu qu'on n'oublie pas de respirer de temps en temps et regarder le ciel c'est là qu'ils sont au milieu de nos larmes trop beaux pour être vrai le temps s'échappe et pourtant il revient tous les jours les enfants s'élèvent tous les jours au dessus de nos doutes et les voilà déjà vivants et irrévérencieux ingrats et merveilleux ...

20.11.13

Changer l'Eau en Vain

Jeudivingtnovembredeuxmilletreize

Devant le temps maussade qui nous poursuit ces jours,
Et n'ayant plus de vin pour nous faire moins lourds,
Pour épater ma femme, j'ai tenté un miracle.
Mais l'eau qui vient du ciel est rétive et renâcle
Et j'ai beau essayer de changer l'eau, en vain.
N'est pas Jésus qui veut, pourtant, je le sais bien
Et ce matin peut-être est-ce une punition
C'est en neige que l'eau fait sa transformation.
Peu importe le vin, pourvu qu'on ait l'ivresse
Me répétais-je sans fin, retombé sur les fesses
Je jure alors ici, mais certes un peu tard,
De ne plus essayer de je ne sais quoi croire
De prendre les miracles qu'on me donne à voir
Et apprécier la neige, quitte même à la boire !