Dimanchedixneufmaideuxmilletreize
Pour consoler mon bel enfant de son chagrin inextinguible, je suis bel et bien impuissant : Elle pleure et pleure, c'est terrible.
J'ai bien essayé d'expliquer, de câliner ou de gronder, elle résiste coûte que coûte, Il faut qu'elle pleure et que j'écoute.
Je ne peux presque plus bouger, elle s'est serré sur mes genoux. J'attrape un bloc de papier, un crayon qui était dessous...
Et puis je la dessine, la bouche ouverte, ébouriffée, la mine du crayon glisse sans vrai projet. L'enfant sous un sanglot regarde ça du coin de l'oeil, et puis se remet à pleurer comme si elle portait le deuil. Je dessine de grosses larmes jaillissant des yeux, mais elle pleure encore et encore, dix minutes et rien ne va mieux. Le crayon sous une larme dessine un pot de fleurs. Et puis une tige et des feuilles, bientôt un arbuste a poussé. L'enfant regarde apparaître ce dessin comme par une fenêtre qui s'ouvre sur son gros chagrin et le transforme en beau jardin.
L'orage est passé. Les larmes ont poussé. L'enfant refleurit.
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