J’aime fumer, deux à trois fois par an. C’est toujours avec les mêmes personnes : des êtres qui me sont aussi chers que nos rencontres sont rares. Lorsque nous nous retrouvons, plutôt que de les laisser s’exiler dans la solitude désormais habituelle du paria tabagique, je les accompagne avec plaisir. Je sors alors la pipe de mon Grand-Père, et nous partageons quelques bouffées savoureuses. Elles sont toujours pour moi synonymes de communion et l’occasion de rallumer la mémoire des parents, aïeux, ancêtres éteints.
La fumée capiteuse du cigare ou de la pipe s’échappe en volutes fantômatiques. Le crépitement de la braise est comme la vie qui s’anime pour mieux se consumer. C’est aussi la voix pétillante et lointaine de ces chers disparus qui se réveille lorsque j’inspire.
Nul besoin d’autre chose que du tabac : mon manque d’habitude suffit à me faire tourner la tête. Une cigarette est un cierge que je respire et qui éclaire mes souvenirs.
De l’instant en bouffées, entre la vie et la mort.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire