26.2.14

La 4ème Sonate Opus 7 en Mi bémol Majeur (Deuxième Mouvement)


Mercredivingtsixfévrierdeuxmillequatorze





Ludwig avait pour cette Anna Luise Barbara
Des notes délicates mais pas assez de bras.
Deux mains sur le clavier et il n’en reste aucune
Pour pianoter le corps de l’élève importune
Qui empêche le maître de bien se concentrer
Et fait la maladroite pour mieux redoubler.

- Non! Votre main, Anna! Plus souple!
Fait-il d’un ton autoritaire
Et elle, prenant son petit air:
- Maître, que pensez vous du couple?

Elle étudie, bien sûr, les leçons, le tempo, 
Tandis que lui, apprend tout du grain de sa peau.
Elle fait des manières, feint d’implorer pardon
Quand pour la convenance il fronce son oeil profond.
Mais il a vingt-cinq ans et elle à peine dix-sept.
Au piano, Cupidon martèle ses fléchettes...

- "Largo, con gran espressione! "
Dit-il en italo-allemand
Elle fond alors littéralement
- Maître, votre accent “ m’impressione! “

Lui, revenu le soir dans sa chambre de Bonn
A les mains qui le brûlent, les oreilles qui bouillonnent.
Il n’était pas plus sourd à l’époque qu’aux charmes
Et aux phrases mutines de la belle qui le charme.
Alors il faut qu’il joue, improvise et compose
Une sonate “Amoureuse”, intimiste et grandiose.

Ses doigts sur les touches blanches
Tremblent encore beaucoup
- C’est sa tête qui se penche...
Là, je frôle son cou...

Il enfonce une touche noire 
Avec plus d’assurance
Ce sont ses cheveux noirs,
Qu’elle dénoue en silence...

Quelques accords encore
Et il doit s’arrêter
-Ce piano... c’est son corps!
Ciel! J’ai dû m’emporter...



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