Marditrenteavril2013
Levé avant les autres, je marche dans la ville.
Bruxelles n'est pas haute, mais ça monte à St Gilles.
Dans le flot grossissant des travailleurs belges
Je trouve un parc immense dont le vert allège
La densité urbaine baignée d'échappements.
Deux Marcheuses Nordiques passent élégamment,
Deux chiens promènent leurs maîtres qui en ont bien besoin,
Et puis je vois cet arbre : marronnier souverain.
Parmi les branches épaisses comme des colonnes
Une descend un peu comme cherchant aumône
Je ne résiste pas à lui tendre la main
Elle ne mendiait pas, elle me disait : Viens !
Je monte, sous le charme, sur le marronnier.
La ville a disparu, les bouchons oubliés.
J'essaie toutes les branches et lorsque je me juche
Sur la plus confortable, allongé dos au tronc,
Et sans dire de fable, voilà qu'une perruche
Se pose là, tout près, avec son gros bec rond.
Animal exotique en terre grise et froide,
Plus verte que les feuilles du printemps wallon,
Sa couleur et son cri sont parmi les pigeons
Trop nombreux et trop gris, à l'air un peu malade,
Comme ce parc précieux, îlot de fraîche nature
Dans le flot tumultueux et sale des voitures.
Miracle : n.m. évènement banal et quotidien, petite chose de rien du tout, fait insignifiant, qui n'a d'importance que celle qu'on veut bien lui donner.
30.4.13
Monsieur le Président de Belgique,
Lundivingtneufavrildeuxmilletreize
Posté par Lucie, à La Panne
"Bonjour,
En raison du vent en Belgique, je vous demande de reculer la mer pour que les petites filles puissent courir plus longtemps."
Posté par Lucie, à La Panne
"Bonjour,
En raison du vent en Belgique, je vous demande de reculer la mer pour que les petites filles puissent courir plus longtemps."
De Moëren
Samedi27avril2013
Je n’ai pas résisté à ce bel écritoire
Qui attendait, posé, dans une chambre aux Moëres
La Lune était pourtant déjà bientôt couchée
Le cadran de la nuit déjà bien avancé
Un pull sur les épaules, j’ai saisi mon stylo
Et, penché sur la table, laissé couler les mots
Les braises dans le feu finissaient de rougir
La maison silencieuse où j’allais m’endormir
M’a soudain chuchoté quelques histoires anciennes
Les objets du passé reviennent à la scène :
Le fer à repasser se réchauffe au foyer
Puis passe dans mon dos sur les muscles noués
La pipe se remplit à nouveau de tabac
Et me voilà fumant, moi qui ne fume pas
La bassinoire accueille les braises vermeil
Et glisse entre les draps pour chauffer mon sommeil
Jusqu’à cet écritoire et son encrier blanc
Porcelaine vidée d’encre depuis longtemps
Mais rempli de mémoire de la vie d’antan
Dans la maison des Moëres, je remonte le temps
La Fureur de Vivre
Vendredi27avril2013
Départ pour Bruxelles.
Mathilde très fâchée de voir ses deux parents partir sans elle.
Très très fâchée.
Heureusement Mamie est là. Mais pour l'instant, cela ne suffit pas.
Parents déchirés. Longues minutes de ré-explication stérile.
Culpabilité.
Départ forcé.
Si cette scène a du positif, nous ne l'avons pas encore trouvé.
Sont-ce ces moments qui préparent la crise d'adolescence?
Ou facilitent-ils l'ultérieure séparation?
Ou sont-ce les parents qui doivent apprendre à se détacher de leurs enfants?
Le Printemps Ressuscité
Jeudi25avril2013
La neige, encore elle, avait cassé la branche.
Un mois? Deux mois? Je ne sais plus depuis quand.
La neige fond, avril vient, j'enlève la branche.
Dans le tas, parmi d'autres, elle attend.
J'approche une allumette pour embraser le tas.
Mais la branche m'arrête et je reste baba :
Les bourgeons ont éclos sur la branche amputée !
Du coup j'ai inventé un dicton adapté :
Lorsque l'hiver fut rude, le printemps est furax !
Le Bonheur, C'est Par Là
Mercredi24avril2013
C'est Mathilde qui a dit la phrase miraculeuse du jour :
"Papa, tu me prêtes ton ombre?"
C'est Mathilde qui a dit la phrase miraculeuse du jour :
"Papa, tu me prêtes ton ombre?"
Ne Pas Fumer Me Tue
Mardi23avril2013
J’aime fumer, deux à trois fois par an. C’est toujours avec les mêmes personnes : des êtres qui me sont aussi chers que nos rencontres sont rares. Lorsque nous nous retrouvons, plutôt que de les laisser s’exiler dans la solitude désormais habituelle du paria tabagique, je les accompagne avec plaisir. Je sors alors la pipe de mon Grand-Père, et nous partageons quelques bouffées savoureuses. Elles sont toujours pour moi synonymes de communion et l’occasion de rallumer la mémoire des parents, aïeux, ancêtres éteints.
La fumée capiteuse du cigare ou de la pipe s’échappe en volutes fantômatiques. Le crépitement de la braise est comme la vie qui s’anime pour mieux se consumer. C’est aussi la voix pétillante et lointaine de ces chers disparus qui se réveille lorsque j’inspire.
Nul besoin d’autre chose que du tabac : mon manque d’habitude suffit à me faire tourner la tête. Une cigarette est un cierge que je respire et qui éclaire mes souvenirs.
De l’instant en bouffées, entre la vie et la mort.
26.4.13
Marathon Massage
Lundi22avril2013
Aujourd'hui j'ai massé toute la journée. Jusque là, rien d'exceptionnel.
Mais j'ai massé une seule personne.
Massé jusqu'à épuisement.
C'est lui qui était épuisé.
Moi, ça m'a redonné l'énergie qui me manquait.
J'ai fait ce pour quoi je suis fait.
Sans rien à prouver, sans contraintes extérieures, sans téléphone, sans rendez-vous, sans horaire pour manger, sans enfants à récupérer chez la nounou.
Et ben ça fait du bien !
Merci, Uke de m'avoir prêté ton corps pour que je puisse aller au bout de moi-même.
Maintenant je sais ce que je veux faire plus tard: quand je serai grand, je serai masseur !
Aujourd'hui j'ai massé toute la journée. Jusque là, rien d'exceptionnel.
Mais j'ai massé une seule personne.
Massé jusqu'à épuisement.
C'est lui qui était épuisé.
Moi, ça m'a redonné l'énergie qui me manquait.
J'ai fait ce pour quoi je suis fait.
Sans rien à prouver, sans contraintes extérieures, sans téléphone, sans rendez-vous, sans horaire pour manger, sans enfants à récupérer chez la nounou.
Et ben ça fait du bien !
Merci, Uke de m'avoir prêté ton corps pour que je puisse aller au bout de moi-même.
Maintenant je sais ce que je veux faire plus tard: quand je serai grand, je serai masseur !
Le Printemps Assassiné
Dimanche21avril2013
Le printemps est mort né
Dans son linceul de neige
Les fleurs ont fané
Nous pleurons en cortège
Le retour franc d'un froid précoce
Fait s'évanouir nos illusions
Pourtant
La météo n'est pas féroce
Elle n'a même aucune intention
Ces beaux pétales sur un banc
Ce tableau éphémère
C'est la tristesse en écrin blanc
Touchée par la lumière
Neige en janvier, neige en juillet
Et nous pleurons notre impuissance
Qu'importe
Accueillons le ciel tel qu'il est
Et célébrons notre impuissance !
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